LA VITAMINE D, OUI MAIS QUAND ET COMMENT ?



Lors des beaux jours la vitamine D est toujours mise à l’honneur, mais saviez-vous qu’il est possible de s’en supplémenter sans pour autant s’exposer au soleil ?

Nous sommes conscients de l’insuffisance et de la carence en vitamine D dans toutes les populations : 50 à 80 % de la population serait déficitaire. Pour être encore plus précis l’insuffisance en vitamine D peut être définie par un taux dans le sérum sanguin inférieur ou égal à 30 ng/ml (50 nmol/l) et la carence par un taux inférieur ou égal à 10 ng/ml.

Les valeurs souhaitables en vitamine D se situent entre 60 et 80 ng/ml. Tous les experts internationaux s’accordent à dire que les supplémentations recommandées par les autorités de santé sont donc insuffisantes !

Nous sommes aussi conscients que cette même vitamine D, qui est en réalité une hormone, prévient certains cancers et améliore certaines fonctions de l’organisme.
Comme en démontre son importance dans le métabolisme osseux dont nous le savions depuis longtemps mais des publications récentes ont rapporté de nombreux effets extra-osseux potentiels de la vitamine D.

L’administration de vitamine D permet de réduire le risque de fractures non vertébrales, d’améliorer la fonction musculaire et de réduire le risque de chutes pour un taux dans le sérum sanguin de 25OHD de l’ordre de 30 ng/mL (soit 75nmol/L).

On a mis en évidence des associations entre l’apport de vitamine D et la réduction de la mortalité, de certains cancers, des infections, des maladies inflammatoires (diabète, sclérose en plaques), des maladies cardiovasculaires, des maladies neuro-dégénératives et peut-être de l’arthrose. Mais il n’existe pas d’essais randomisés actuellement publiés permettant de prouver qu’il existe des liens de causalité.

En outre, les taux dans le sérum sanguin nécessaires pour obtenir de tels effets ne font pas consensus, car étant variables d’une personne à l’autre. Il est cependant nécessaire d’assurer un taux optimal de 25-(OH)-D chez tous les sujets, dans un esprit de prévention générale.



Pour rappel, plus de 200 gènes sont sous contrôle directe ou indirecte de la vitamine D. Presque toutes les cellules expriment le récepteur pour la vitamine D.

Ainsi, de nombreuses cellules du cerveau, de la prostate, du sein, du côlon et du muscle ainsi que les cellules de l’immunité possèdent des récepteurs. Ceci indique que le système vitaminique D a des actions beaucoup plus généralisées qu’un simple régulateur du transport de calcium impliqué dans l’ostéoporose ou le rachitisme.

Il est important de retenir que la vitamine D régule la prolifération des cellules saines et cancéreuses, leur différenciation, leur apoptose (suicide cellulaire) et leur angiogenèse. Elle participe, par exemple, à la régulation des gènes permettant de synthétiser des protéines nécessaires à la matrice cellulaire et à la jonction entre les cellules, mais également à la régulation des gènes intervenant dans la réparation de l’ADN et activant des systèmes anti-oxydants, ou encore, à la régulation de gènes intervenant dans la régulation de l’immunité.

Vous savez très certainement que la vitamine D est synthétisée naturellement par la peau, plus précisément dans les couches profondes de l’épiderme sous l’effet des rayons UVB. 

Mais attention, la synthèse cutanée de vitamine D3 est diminuée par l’âge et par certaines conditions d’exposition cutanée (durée d’exposition solaire, tranche horaire, saison, latitude, habillement, pigmentation de la peau, utilisation d’écrans solaires, pollution de l’air, poids et âge). La prévalence de l’insuffisance en vitamine D est paradoxalement élevée dans les pays où l’ensoleillement peut être important, du fait d’un excès de protection, d’origine culturelle ou non.
Il faut aussi savoir que la concentration de vitamine D dans les couches profondes de l’épiderme diminue avec l’âge.

Le problème qui vient immédiatement à l’esprit est que le soleil a également des effets délétères régulièrement dénoncés et cela nous amène à réfléchir s’il n’y a pas d’autres sources possibles de vitamine D ? N’y aurait-t-il pas d’autres moyens pour en bénéficier ?

Les aliments contenant de la vitamine D sont peu nombreux et l’effet des apports alimentaires ou médicamenteux sur la concentration de la vitamine varie avec le poids et surtout la masse grasse.

De nombreux experts pensent que les valeurs de référence actuellement admisses sont trop basses et que les supplémentations recommandées sont insuffisantes, ce qui a amené une nouvelle approche pour l’établissement de ces valeurs de référence.

Les deux conséquences principales de cette nouvelle définition du seuil d’insuffisance en vitamine D sont :

L’insuffisance en vitamine D est très fréquente et en particulier en Europe. Suivant les populations testées et la période de l’année, près de 100 % des individus ne recevant pas de supplémentation, ont une concentration dans le plasma sanguin de vitamine D inférieure à 30 ng/mL. Tout le monde ou presque est naturellement carencé en vitamine D.


Les apports nutritionnels conseillés (ANC) pour la vitamine D (400 U/j pour les sujets de moins de 65 ans et 600 U/j pour ceux de plus de 65 ans) sont insuffisants pour atteindre cette cible minimale de 30 ng/mL et il faut donc envisager des doses plus importantes.

Il est légitime alors de se poser la question d’un éventuel surdosage. La vitamine D est en effet potentiellement toxique. Un excès de vitamine D favorise l’augmentation de l’absorption intestinale du calcium donc des risques d’hypercalcémie avec en particulier des risques rénaux potentiels.

Plusieurs études ont par ailleurs démontré que des doses journalières de vitamine D largement supérieures aux ANC (plus de 4 000 UI/J) sont sans conséquence sur le risque rénaux.

Ainsi certains auteurs parlent de valeurs « souhaitables ». Elles sont de 30 à 60 (voire 80) ng/mL (soit 75 à 200 nmol/L). La limite supérieure a été choisie arbitrairement pour être suffisamment éloignée de la zone de toxicité potentielle.


EN CONCLUSION, QUEL DOSAGE FAUT-IL POUR MONTER LA CONCENTRATION CHEZ PLUS DE 95% DE LA POPULATION SANS RISQUE ?

On pourrait faire une recommandation théorique et disant que pour obtenir une concentration entre 75 et 220 nmol/L, il faut donner 3 800 UI de vitamine D3 par jour si la concentration de base est > 55 nmol/L (22 ng/mL) et 5 000 UI par jour si la concentration de base est < 55 nmol/L.
Mais une telle recommandation ne tient pas compte des particularité de chaque personne...

Enfin, pour les adeptes du soleil, sachez qu’une exposition modérée des bras et des jambes au soleil, 5 à 10 minutes tous les jours, conduisant à un érythème chez les personnes qui portent uniquement un maillot de bain, est équivalente à l’injection approximative de 20 000 unités de vitamine D ! 

Thomas Josse

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