POURQUOI NOUS NOUS EFFORÇONS DE JUGER LA BEAUTÉ ?




Nous revêtons l’habit du juge pour nous accuser mutuellement de tous les maux. 

Comment expliquer cette désertion du dialogue rationnel au profit de l’invective et du procès d’intention ? Comment aborder frontalement et sans esquive les sujets qui fâchent, mais dont il est urgent de discuter, quand fleurissent la caricature, l’injure et la diabolisation de celles et ceux qui ne pensent pas comme nous ?

L’intolérance qui s’insinue de façon croissante dans nos échanges a certes de quoi nous séduire, tant il est confortable de demeurer dans le cénacle d’un entre-soi idéologique, à l’abri des remises en question.

Mais à quel prix ? À force de se tenir loin de l’opposition, de s’enfermer dans un cocon hermétique aux voix discordantes, on en vient à confondre la critique et l’insulte, à prendre la contradiction argumentée pour une attaque personnelle, et générer des tempêtes polémiques, dans des verres d’eau.

Nous ne dialoguons plus : nous agressons et nous nous défendons, à tour de rôle. Nous avons troqué l’analyse dépassionnée pour l’indignation permanente. Qu’importe ce que l’on dit, ce que l’on faits : on sera jugé pour ce que l’on est aux yeux des accusateurs, et le verdict, prisme de lecture aussi immuable que lapidaire, nous exclura à jamais du champs des interlocuteurs acceptables.

Il nous faut réapprendre à nous parler, au lieu de nous maudire, à débattre, et à réfléchir avant de juger. À penser, en somme. C’est-à-dire à questionner sans cesse, au contact de l’altérité, nos certitudes sédimentées, élever le dialogue au rang d’art de vivre, comme un antidote au dogmatisme, que dés lors que nous interrogeons les raisons derrières nos opinions, nous nous ressemblons plus par nos perplexités que par nos convictions.

Pourquoi la beauté est tant critiquée ? Est-ce en rapport avec sa désinvoltante légèreté ? 

Elle nous fait perdre nos repères, révèle un sens caché en nous. Sauf que la plupart des gens oublis que la beauté apporte un élan, un détournement. Elle nous apporte la maitrise du plein et du vide. Le charisme passe, la beauté reste, elle est utile dans une époque qui prône la noirceur. C’est la beauté que les terroristes ont toujours voulu tuer….

Qu’y a t-il de plus vivant que la beauté ? 

La beauté provient de la différence, d’histoires, d’identités, de pensées, de désirs, sans oublier qu’elle apporte l’intime assurance d’être soi et de ne le devoir à personne ! Ne retenez rien, savourez-la !


Thomas Josse

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